Il n’existe pas de revenu jeune universel en France : aucune somme n’est versée à tous les moins de 25 ans sans condition. L’aide nationale qui s’en rapproche le plus est l’allocation du contrat d’engagement jeune (CEJ), réservée aux jeunes sans emploi ni formation et versée en échange d’un accompagnement intensif. Le RSA reste fermé à la plupart des moins de 25 ans, tandis que certaines collectivités proposent leur propre revenu jeune.
Revenu jeune : une expression, plusieurs dispositifs
Le terme recouvre des réalités très différentes. Il désigne parfois l’allocation nationale du CEJ, parfois une aide locale versée par une région, un département ou une métropole, et il revient souvent dans le débat sur un RSA ouvert dès 18 ans.
Le CEJ a pris la suite de la Garantie jeunes, qui n’existe donc plus sous ce nom. Les questions sur la Garantie jeunes, très fréquentes en ligne, se rapportent aujourd’hui à ce nouveau contrat. Dans tous les cas, l’argent est lié à un engagement : un revenu jeune sans contrepartie n’existe pas au niveau national.
Contrat d’engagement jeune : l’allocation nationale des 16-25 ans
Le CEJ s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans inclus, jusqu’à 29 ans pour les personnes reconnues travailleurs handicapés. Il faut rencontrer des difficultés d’accès à un emploi durable, et n’être ni étudiant ni en formation. Ce n’est pas un contrat de travail.
Le contrat impose 15 à 20 heures d’activité par semaine (ateliers, immersions en entreprise, formations, recherche d’emploi encadrée) et dure un an maximum. Il peut être prolongé de 6 mois, et un nouveau CEJ ne peut en principe être signé qu’après un délai de 6 mois.
L’allocation est versée chaque mois, elle n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu et son montant dépend de l’âge et de la situation familiale :
- jusqu’à 566,17 € pour un majeur fiscalement autonome ou rattaché à un foyer non imposable ;
- jusqu’à 339,70 € pour un majeur rattaché à un foyer imposable dont chaque part de revenu reste dans la première tranche du barème ;
- jusqu’à 226,48 € pour un mineur dans l’une des situations prévues.
Ces plafonds baissent quand le jeune perçoit d’autres ressources. Les indemnités chômage sont déduites en totalité, les revenus d’un emploi seulement en partie.

Ce parcours mène souvent vers l’alternance ou la formation : le choix entre contrat de professionnalisation ou formation seule se pose alors rapidement.
Demander l’allocation à la mission locale ou à France Travail
La demande passe par la mission locale de la commune ou par France Travail, qui joignent le jeune au 3949. Un entretien permet de vérifier la situation, puis de signer le contrat et de fixer le programme d’activités. Le site 1jeune1solution.gouv.fr renseigne sur la démarche.
Les engagements doivent être tenus. En cas de manquement, la mission locale ou France Travail peut réduire ou supprimer l’allocation. Les justificatifs sont à transmettre dans les 3 mois.
Une partie des activités proposées prend la forme de cours, y compris à distance : une formation entièrement en ligne en parallèle d’un emploi peut compléter ce programme.
RSA avant 25 ans : des conditions très étroites
Le RSA reste réservé aux 25 ans et plus dans la plupart des cas. Les moins de 25 ans n’y accèdent que dans des situations limitées, notamment lorsqu’ils élèvent un enfant ou ont déjà exercé une activité professionnelle longue, ce qui concerne très peu de jeunes. Le RSA ne se cumule pas avec l’allocation du CEJ.
Pour un jeune qui travaille, la prime d’activité est la piste la plus courante. Elle complète des revenus d’activité modestes et se demande auprès de la CAF.
Revenu jeune des collectivités : région, département, métropole
Certaines régions, certains départements et certaines métropoles versent une aide mensuelle aux jeunes de 18 à 25 ans, souvent appelée revenu jeune ou revenu solidarité jeunes. Chaque collectivité fixe ses propres règles : durée de résidence, plafond de ressources, montant et durée de versement.
Ces aides ne sont pas renouvelées automatiquement, et les conditions changent d’un territoire à l’autre. Il faut donc consulter le site de sa collectivité, ou demander à sa mission locale quelles aides existent près de chez soi.

Les communes versent aussi parfois des aides ponctuelles, comme l’aide de 300 € de certaines mairies, avec leurs propres démarches.
CAF, cumul et déclaration des ressources
L’allocation du CEJ n’étant pas imposable, elle ne figure pas dans la déclaration de revenus au titre de l’impôt. La CAF demande en revanche de signaler les changements de situation, et un jeune qui touche déjà des aides au logement ou la prime d’activité a intérêt à l’informer de son entrée dans le CEJ.
Un petit emploi reste compatible avec l’allocation, dont le montant baisse alors partiellement. Une erreur de déclaration peut, comme dans le cas de la suppression de l’ASF par la CAF, entraîner l’arrêt d’une prestation.
Avant toute démarche, le plus sûr est de demander à la mission locale un point sur l’ensemble des aides ouvertes à son âge et à sa situation. Le montant du CEJ est revalorisé chaque année, et les plafonds cités ici datent d’avril 2026.

